La FANNY


La “fanny”, une tradition totalement liée aux jeux de boules, même si par extension, cette expression est utilisée dans d’autres jeux pour signifier une défaite absolue .
Bien qu’évoquant la Provence et l’univers de Marcel Pagnol, ses origines remontent plus loin... Partout, sur tous les terrains de boules, les joueurs ont le même petit sourire entendu quand on les interroge sur la Fanny. Pourtant aucune femme n’est jalouse d’elle .Même quand son propre époux rend honneur à Fanny en appliquant un baiser sur ses fesses rebondies... Mon pauvre monsieur, embrasser Fanny, c’est l’image effrayante de la défaite, la preuve horrible qu’on a été battu. Et pas seulement battu, mais vaincu lamentablement, l’humiliation totale : perdre par 13 à 0 .Le malheureux qui a essuyé ce désastre est tenu de se mettre à genoux, en présence de tous les joueurs rigolards et du public qui se régale de le voir, comme s’il allait à confesse, s’approcher de l’autel où il doit baiser les fesses de Fanny. Avant ce spectacle de choix, on fait souvent sonner une cloche afin que nul n’ignore que quelqu’un vient de perdre par 13 à 0.
 
 

Un rituel universel


Les joueurs d’autres régions qui fréquentaient le Clos Jouve importèrent le rituel de la Fanny dans leur pays d’origine, c’est ainsi qu’en quelques décennies il devint universel. Ce fut un usage répandu de réaliser des icones qui pouvaient être réellement embrassées pour le plus grand plaisir (ou la honte) des joueurs. Dès le début du XXe siècle, les Fannys étaient tellement demandées que des industriels se spécialisèrent dans leur fabrication. Elles furent accompagnées de l’inévitable clochette et d’un petit tapis destiné à épargner les genoux des malheureux perdants, formant des ensembles charmants et désuets.
Dans de nombreux clubs, le rituel prit tant de sérieux que les perdants par fanny étaient consignés dans des registres et qu’on organisait des banquets annuels où les joueurs malheureux recevaient leur diplome de Fanny.
Les images des Fanny firent florès sur les cartes postales, les calendriers, les marqueurs de points bien sûr, etc...
C’était aussi une façon amusante et libre de contourner la morale bourgeoise chrétienne qui jetait l’opprobre sur ces images dénudées...
Pour finir, on peut lire cette anecdote qui met en scène un curé et le postérieur de Fanny.

La tradition

Prude, cachée derrière un panneau de bois ou un rideau, elle présente de façon provocante son postérieur voluptueux. Fabriquée avec ferveur, ainsi qu’une vraie relique, véritable “ex-voto” des adorateurs de la boule sacrée, la petite armoire avec sa Fanny ornait naguère tous les cafés où les joueurs s’affrontaient.
A l’heure actuelle, on la trouve plutôt chez les antiquaires et les brocanteurs, parfois avec chance au détour d’un vide grenier de village. Les clubs par contre la conservent jalousement et elle fait partie de leur patrimoine.
Certains fabricants, comme La Boule Bleue de Marseille ont une Fanny en argile décorée à leur catalogue d’accessoires.

Elle a vraiment existé

  
Certains pensent que son origine est savoyarde, mais on peut témoigner dès 1870 de l’existence d’une vraie Fanny à Lyon. Dans le quartier de la Croix Rousse, les joueurs se rencontraient sur le terrain du “Clos Jouve”. Dans ce quartier habitait une jeune fille de 20 ans qui faisait le désespoir de ses parents, on la retrouvait souvent sur le terrain du Clos Jouve où elle admirait les joueurs.
 
Voilà notre Fanny ! En cadeau de consolation, elle dévoilait ses charmes au joueur malheureux qui n’avait marqué aucun point : elle l’entraînait à l’écart et hop!  elle relevait ses jupes et montrait ses fesses au vaincu. Nous n’en étions pas encore à les baiser.
 
La pauvre Fanny n’eut pas une destinée heureuse, elle fut prise pour folle, on manqua l’enfermer dans un asile mais la justice fut magnanime car elle considéra qu’elle égayait finalement le jeu. Elle finit par vivre avec un ivrogne, tomba enceinte, fut séparée de son enfant, fut internée dans un asilke pour indigents où elle mourut quelques temps plus tard. mais son souvenir nostalgique est resté bien vivant, les habitués du Clos Jouve la firent passer à la postérité.

La Fanny

Ne vous y fiez pas ! Embrasser Fanny ou baiser Fanny n'est pas une récompense (enfin, ça dépend toujours de la Fanny !). Cela veut dire perdre une partie sans avoir marqué un seul point.
Cette tradition serait originaire... de Savoie enfin !!! une vraie vérité. La Fanny originelle aurait été serveuse au café de Grand-Lemps, juste avant la Première Guerre Mondiale. La légende dit que, par gentillesse, elle se laissait embrasser par les clients qui venaient de perdre aux boules sans marquer le moindre petit point. La bise se faisait alors sur la joue.
Jusqu'au jour où, toujours selon la légende, le maire du village perdit à son tour et vint quémander sa " récompense ". Fanny avait-elle un grief contre lui et voulut-elle l'humilier en public? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c'est qu'elle grimpa sur une chaise, releva ses jupes et lui tendit... ses fesses! Le maire ne se démonta pas. Moins d'une seconde plus tard, deux baisers retentissants résonnaient dans le café. C'était le début d'une longue tradition...
Le problème, c'est que les joueurs n'ont pas toujours une Fanny sous la main. Ou plus exactement une Fanny qui accepte de dévoiler ses fesses en public. C'est pourquoi, dans tous les lieux où l'on joue aux boules, une place d'honneur est réservée à une Fanny postiche. Les malheureux perdants sont alors obligés de venir embrasser en public les fesses toujours rebondies d'une Fanny représentées sous forme de tableau, de poterie ou de sculpture. Ainsi, la récompense est devenue l'humiliation suprême pour tout joueur de boules.
 
 
 
 

Expression La Fanny

Embrasser Fanny 
 
Embrasser Fanny, c'est perdre une partie de boules (jeu provençal ou pétanque) sur le score de 13 à 0. 
Le perdant ou l'équipe perdante se devaient alors d'embrasser le postérieur dénudé d'une Fanny factice. 
 
Les expressions 
 
Faire fanny, 
Baiser Fanny, 
Être fanny ou Se prendre une fanny sont équivalentes. 
 
Tradition 
 
À l'origine, les perdants devaient embrasser les fesses d'une femme postiche nommée Fanny, représentée sous forme de tableau, de poterie ou de sculpture. Aujourd'hui elle se rencontre plus chez les antiquaires et les brocanteurs qu'au bistro du coin. 
Mais tous les clubs boulistes en conservent une à leur siège et cette icône fait partie de leur patrimoine. 
C'était à la fois une récompense et une honte pour l'équipe perdante mais toujours une franche rigolade pour les spectateurs. 
« Embrasser Fanny, c'est l'image effrayante de la défaite, la preuve horrible qu’on a été battu. 
Et pas seulement battu, mais vaincu lamentablement, l'humiliation totale : perdre par 13 à 0 ! » 
 
 
Le rituel de Fanny 
Pour pallier le manque cruel de Fanny de comptoir acceptant de se retrousser en public, fut mis en service, dans tous les lieux où l'on jouait au jeu provençal ou à la pétanque, une Fanny postiche aux fesses rebondies. 
Conservée avec ferveur, véritable relique païenne, toujours cachée dans une petite armoire, derrière un panneau ou un rideau, elle n'était dévoilée que pour un retentissant 13 à 0. Alors, le malheureux vaincu, à genoux comme s’il allait à confesse, en présence de tous, s’approchait de l'autel pour baiser l'icône. 
Faire passer le postérieur de Fanny à la postérité fut aussi une façon radicale de braver la morale bourgeoise chrétienne qui jetait l'opprobre sur ses fesses dénudées.
 
Dans la littérature 
Dans son œuvre Le Temps des amours, Marcel Pagnol décrit une cérémonie de la Fanny à laquelle il a assisté. 
Lors du Concours de Boule du Cercle annuel, une équipe a perdu sans marquer aucun point contre l’équipe adverse menée par le redoutable Pessuguet : 
« Les vaincus avaient remis leurs vestons; leurs boules étaient déjà serrées dans les sacs ou les muselières, et plusieurs se querellaient, en se rejetant la responsabilité de la défaite. […] Puis, dans un grand silence, […] la voix de Pessuguet s’éleva : 
Et la cérémonie ? 
Alors les jeunes se mirent à crier en chœur : 
La Fanny ! La Fanny ! 
C’est la tradition, dit le journaliste. Il me semble que nous devons la respecter ! 
À ces mots, deux jeunes gens entrèrent en courant dans la salle du Cercle, et en rapportèrent, au milieu de l’allégresse générale, un tableau d’un mètre carré, qu’ils tenaient chacun par un bout. 
Les trois perdants s’avancèrent, avec des rires confus, tandis que la foule applaudissait. 
Je m’étais glissé jusqu’au premier rang, et je vis avec stupeur que ce tableau représentait un derrière
 
Rien d’autre. Ni jambes, ni dos, ni mains. Rien qu’un gros derrière anonyme, un vrai derrière pour s’asseoir, que le peintre avait cru embellir d’un rose qui me parut artificiel. Des voix dans la foule crièrent : À genoux ! 
Docilement, les trois vaincus s’agenouillèrent. Deux faisaient toujours semblant de rire aux éclats, mais le troisième, tout pâle, ne disait rien, et baissait la tête. Alors les deux jeunes gens approchèrent le tableau du visage du chef de l’équipe, et celui-ci, modestement, déposa un timide baisé sur ces fesses rebondies. Puis il fit un grand éclat de rire, mais je vis bien que ce n’était pas de bon cœur. 
Le plus jeune, à côté de lui, baissait la tête et le muscle de sa mâchoire faisait une grosse bosse au bas de sa joue. 
Moi, je mourais de honte pour eux… Cependant, quelques-uns les applaudirent, comme pour les féliciter de la tradition, et M. Vincent les invita à boire un verre : mais le chef refusa d’un signe de tête, et ils s’éloignèrent sans mot dire. »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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