BOULES

 
Lors d'une balade, j'ai appris l'origine de la boule en bois. Boule que nous utilisions à Lyon, avec le cloutage juxtaposé. Elles étaient fabriquées dans un village des alpes de hautes provence, l'hiver, quand il n'était pas possible de faire quoi que ce soit à l'extérieur.
Dès le XVIe siècle, Aiguines a développé une activité qui était celle de la boule cloutée. Il y avait de nombreux tourneurs sur bois qui fabriquaient des objets usuels, des outils, des articles de ménage et des boules de bois cloutées.


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Pour la fabrication de ces boules, les tourneurs avaient besoin de la racine du buis, qu'ils trouvaient dans les collines. La végétation est moins dense que dans la forêt, le buis poussait plus facilement et l'ensoleillement était bien plus important. Sur ces collines il poussait sous forme de buisson, qui produisait des racines très dures.
Les tourneurs cherchaient des buissons appropriés, puis avec un couteau de poche ils coupaient les branches. Ensuite, ils déterraient les racines avec une pioche appelée 
"la pitche". Les racines étaient nettoyées directement sur place pour réduire la charge du transport jusqu'au village. Les tourneurs dans leur atelier dégrossissaient les racines avec la scie à ruban, on reconnaissait déjà la forme de la boule. Puis sur un tour à bois, ils lui donnaient la forme définitive de la boule qui était cloutée ensuite. Le travail de cloutage ou de ferrage était réservé aux femmes.

Pour le cloutage, il fallait
un marteau et un billot de bois (lou cepoun en provençal). Au centre du cepoun une bague en métal maintenait la boule pendant l'usinage. Il existait deux différentes manières de cloutage : le cloutage en écailles et le cloutage juxtaposé.


Le cloutage en écailles


On utilisait uniquement des clous à tête ronde et plate en acier, en laiton ou en cuivre. Le cloutage suivait une ligne en spirale. Le deuxième clou enfoncé dans la boule en bois recouvrait de moitié le premier clou et la rangée suivante. Le dernier clou enfoncé se retrouvait en face du premier clou. Il fallait avoir l’œil et le tour de main pour cette réalisation minutieuse. Par le cloutage en écaille, la surface était parfaitement lisse et cachait entièrement le bois de la boule d'origine. Cette façon de clouter servait surtout pour les boules de petit diamètre (de 70 à 90 mm) avec lesquelles on jouait à la pétanque et au jeu provençal. On ne pouvait réaliser que des dessins simples comme des lettres, des initiales ou des symbole sur les boules.





Le cloutage juxtaposé

       
Il était surtout utilisé pour les boules de gros diamètre (de 90 à 110 mm). Sur la boule brute, on appliquait un modèle et pour le cloutage on suivait la ligne de ce dessin. Il y avait des clous à tête carrée, ronde et plate, ronde et cylindrique ou à six pans. Ces clous étaient soit en cuivre, en laiton ou en acier. Le cloutage d'une boule comportait des clous ayant tous la même forme de tête. Par les différentes matières, il était possible de faire des dessins fantastiques. A Aiguines on arrêta la fabrication des boules en bois en 1933, remplacée par l'arrivée de la boule en bronze.
Ce travail de cloutage était réservé aux femmes, on les appelait des "ferreuses"

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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